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Musée des civilisations
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Photographier des avions en vol

Par Michel Julien le 22/04/2012 -

Pendant quelques années, j’ai été rédacteur en chef et photographe principal du magazine d’aviation Plein Vol. J’ai du réaliser des centaines de photos d’avions.

Vus du sol à partir du sol, les avions en vol nous apparaissent généralement d’un angle peu flatteur, soit d’en dessous. Lors de spectacles aériens, par contre, les avions de voltige effectuent souvent des manoeuvres spectaculaires tout près du sol. C’est une bonne occasion de prendre de bons clichés sous un meilleur angle.

Équipé d’un téléobjectif de 300 mm ou plus, il est possible de prendre des photos en cadrant l’avion très serré, donnant l’illusion que le photographe était aussi en vol.

Mais les meilleures photos d’avions en vol sont réalisées à partir d’un autre avion. Le photographe prenant place dans un aéronef, l’aéronef à photographier vient se placer tout près, en formation serrée.

Avion Murphy Elite aircraft

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Pour voler très près l’un de l’autre, il faut que les pilotes des deux avions aient suivi une formation spéciale. En effet, durant un vol en formation, la moindre erreur de pilotage pourrait être fatale. Croyez-moi, c’est une règle de sécurité d’importance capitale.

De façon à pouvoir voler en formation, l’avion sujet et celui du photographe doivent avoir des performances similaires. Ainsi, pour photographier un jet rapide, il faut un autre jet rapide. De même, un ultra-léger qui vole à 30 noeuds ne pourra être photographier à partir d’un avion qui ne peut tenir l’air à moins de 100 noeuds.

Aussi, comme la plupart des fenêtres et hublots d’avion sont fabriqués d’un matériel synthétique qui distortionne les images, il faut photographier à partir d’un avion dont les fenêtres peuvent être maintenues ouvertes en vol.

La plupart de mes photos d’avions en vol ont été réalisées à partir de l’avion du pilote François Bougie qui possède une grande expérience de la voltige et du vol en formation. Le Globe Swift de François, un «classique» datant des années quarante, a l’avantage d’avoir de grandes fenêtres qui s’ouvrent en glissant vers le bas, comme celles d’une auto.

De façon à travailler de la façon la plus sécuritaire possible, nous opérons toujours de la même façon. François vole en suivant une ligne parfaitement droite. le pilote de l’autre avion a la responsabilité de venir s’approcher de notre avion et de se placer devant mon objectif selon mes directives transmises par radio. J’ouvre ensuite la fenêtre du Swift et je mitraille mon sujet.

Les meilleurs pilotes de formation peuvent s’approcher jusqu’à quelques mètres seulement de notre avion. À cette distance, je peux utiliser un objectif grand angulaire pour des photos à la perspective spectaculaire. Normalement, je me sers plutôt de focales de l’ordre de 70 à 150 mm environ.

Lorsque l’on prend des photos à partir d’un avion, on est tenté d’utiliser une vitesse d’obturation très rapide pour contrer les vibrations du moteur et les effets du vent. Bonne idée, sauf qu’une vitesse rapide fige la rotation de l’hélice de l’aéronef photographié et enlève ainsi l’impression de mouvement.

L’idéal, c’est de photographier à 1/60e de seconde. Ainsi, on peut capter la rotation complète de l’hélice. Il faut toutefois prendre ses précautions pour éviter le flou de bougé en évitant d’appuyer l’appareil photo sur la carlingue de l’avion. Aussi, il vaut mieux garder l’appareil photo à l’abri du vent en ne sortant pas trop l’objectif par la fenêtre.

Comme dans n’importe quelle photo, l’image d’un avion bien découpé sur un arrière-plan simple a toujours plus d’effet. Il faut donc éviter de survoler les région densément peuplées, les lignes de transmission électrique et autres arrière-plans qui pourraient distraire. Pour ma part, je choisis généralement de survoler un grand plan d’eau, la forêt ou de vastes champs cultivés.

 

 

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